Hépatite B et cancer du foie : pourquoi les hommes sont plus exposés

virus-hepatite-bLes hormones sexuelles jouent un rôle dans le cancer du foie lié à l’hépatite B, ce qui pourrait enfin expliquer pourquoi les hommes infectés par le virus sont beaucoup plus nombreux que les femmes à déclarer ce cancer selon une nouvelle étude publiée dans la revue Translational Medicine1. Ces résultats ouvrent de nouvelles perspectives de traitement de ce type de cancer notamment par des médicaments ciblant les récepteurs aux androgènes des tumeurs.

Le cancer du foie, qui touche le plus gros organe du corps, est le cinquième cancer le plus fréquent et le troisième en terme de mortalité dans le monde. Les infections dues au virus de l’hépatite B, endémiques dans de nombreux pays asiatiques dont la Chine, sont responsables d’environ la moitié des cas de cancers du foie dans le monde.

Le virus interagit avec les récepteurs des androgènes

Dans cette étude, les chercheurs ont découvert pourquoi les hommes présentant une d’hépatite B risquent plus de développer un cancer du foie que les femmes. La réponse se trouve dans le génome du virus : celui-ci contient une séquence particulière d’ADN qui interagit spécifiquement avec le récepteur aux hormones sexuelles mâles, les androgènes. Dans les cellules hépatiques, une cascade de réactions nocives pour le tissu hépatique est déclenchée lorsque le récepteur se lie à cette séquence.

Les chercheurs ont découvert qu’en ciblant le récepteur des androgènes, plutôt que les hormones elles-mêmes, ils pouvaient inhiber la croissance tumorale chez la souris de façon significative. Ils ont également produit, pour leurs expériences, la première souris génétiquement modifiée avec un virus de l’hépatite B capable de développer des tumeurs hépatiques après exposition à de faibles doses de carcinogène. Ils ont alors montré que le récepteur aux androgènes pouvait être éliminé avec une substance chimique entrainant l’arrêt de la croissance tumorale. Le traitement n’avait pas d’influence sur les taux circulants d’androgènes dans l’organisme et ne présentait pas de toxicité apparente chez la souris.

Ces résultats laissent penser que des médicaments capables de cibler le récepteur aux androgènes plutôt que ces hormones pourraient être une thérapie prometteuse contre le cancer du foie.2

Notes et références

  1. Androgen Receptor Promotes Hepatitis B Virus–Induced Hepatocarcinogenesis Through Modulation of Hepatitis B Virus RNA Transcription. Ming-Heng Wu, Wen-Lung Ma, Cheng-Lung Hsu, Yuh-Ling Chen, Jing-Hsiung James Ou, Charlotte Kathryn Ryan, Yao-Ching Hung, Shuyuan Yeh, Chawnshang Chang. Translational Medicine []
  2. Source : EurekAlert
    Image : http://www.research.amnh.org/ []

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