Paludisme : les antibiotiques utilisés comme vaccin naturel

Une équipe internationale de chercheurs rapporte que les antibiotiques pourraient servir à éviter de contracter le paludisme en étant pris de façon préventive selon une étude chez la souris. Un cocktail d’antibiotiques pourrait en effet déclencher une immunité naturelle contre le parasite responsable de la maladie chez des populations saines mais vulnérables, apportant ainsi une protection à vie contre de futures infections. Les travaux sont publiés dans la revue Science Translational Medecine1.

anophele

En 2008, le paludisme a causé la mort de près d’un million de personnes, pour la plupart des enfants en Afrique où un enfant meurt toutes les 45 secondes de la maladie selon l’Organisation Mondiale de la Santé.

Le paludisme est causé par des parasites du genre Plasmodium transmis par la piqûre de moustiques infectés du genre Anopheles. Le traitement des populations de zones d’intense transmission par des antibiotiques sans danger et accessibles pourrait agir comme un vaccin naturel « sans aiguille » et soulager des régions où l’immunisation répétée par des vaccins anti-paludéens coûteux présente des problèmes complexes de logistique. Les auteurs estiment que l’intérêt de l’utilisation de ces antibiotiques contre la maladie compense largement les risques d’apparition de résistance bactérienne à ces produits car ils sont peu utilisés dans ces pays pauvres.

Dans leur étude, les chercheurs2 ont donné à des souris des antibiotiques de façon préventive avant de les infecter avec le parasite du paludisme. Les chercheurs ont alors découvert que les animaux développaient une immunité contre toute re-infection semblable à celle conférée par un vaccin. Mieux, même à faibles doses d’antibiotiques, presque toutes les souris ont été protégées des complications cérébrales mortelles associées à l’espèce la plus dangereuse du parasite, Plasmodium falciparum.

Les antibiotiques agissent en provoquant une défaillance cellulaire dans le parasite lors de son étape dans le foie de l’hôte infecté, bloquant la conversion fatale du parasite du stade hépatique au stade sanguin. L’arrêt de son développement dans le foie permet le développement d’une forte immunité contre le parasite semblable à celui d’une vaccination. Par la suite, le parasite du paludisme est reconnu et détruit dans le foie.

Des essais cliniques sont désormais nécessaires pour valider cette approche chez l’homme. Si c’est le cas, l’administration périodique d’antibiotiques aux populations à haut risque telles que les jeunes enfants pourrait s’avérer un outil de choix pour maîtriser ou éliminer le paludisme dans des régions à forte transmission.

Notes et références

  1. Natural Immunization Against Malaria: Causal Prophylaxis with Antibiotics. Johannes Friesen, Olivier Silvie, Elyzana Dewi Putrianti, Julius C. R. Hafalla, Kai Matuschewski, Steffen Borrmann. Science Translational Medicine. []
  2. Les travaux ont été conduits par l’Université de Heidelberg et l’Institut Max Planck de Berlin en Allemagne, la London School of Tropical Medicine and Hygiene en Angleterre et par le Medical Research Institute–Wellcome Trust Research Programme au Kenya. []

Un Commentaire

  1. N’étant pas médecin, je me garderais bien de tout commentaire, par contre, je possède une maison à Madagascar, ou le Palu est un vrai fléau et je recherche des traitements efficaces et bon marchés . Quand peut-on estimer que cette découverte sera confirmée , une mise sur le marché de ce coktail miracle est elle envisageable rapidement ?

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