Comment on devient obèse

Pourquoi deux personnes peuvent suivre un même régime à haute teneur en graisses et l’une devient obèse et sujette au diabète alors que l’autre va maintenir une silhouette svelte ? Cette question a longtemps été débattue parmi la communauté scientifique. Les chercheurs de la faculté de médecine de Yale aux Etats-Unis apportent une explication somme toute assez simple : le poids est prédéterminé avant la naissance au moment ou le cerveau se développe.

Les résultats de cette étude sont publiés dans le numéro du 2 août de la revue Proceedings of the National Academy of Sciences1. Les chercheurs ont analysé des rats de laboratoire spécifiquement élevés pour étudier la question. Ces rats étaient prédisposés à devenir obèses avant même qu’ils ne soit soumis à un régime hypercalorique à haute teneur en graisses.

Tamas Horvath, neurobiologiste obstétricien de la faculté de médecine de Yale, qui a dirigé cette étude, explique que ces rats avaient des différences au niveau du circuit contrôlant l’alimentation dans le cerveau. Les neurones qui sont censés vous signaler quand vous avez assez mangé et quand brûler des calories sont beaucoup plus « paresseux » chez ces animaux parce qu’ils sont inhibés par d’autres cellules. Chez les animaux résistants à l’obésité, ces neurones qui signalent la satiété sont beaucoup plus actifs et prêt à signaler au reste du cerveau et tissus périphériques quand assez de nourriture a été consommée.

« Il apparaît que le câblage de base du cerveau est déterminant pour la vulnérabilité d’un individu à développer une obésité. »
« Ces observations renforcent l’idée que ce n’est pas la question de la volonté personnelle qui fait la différence si nous devenons obèse mais que c’est plus lié à une question de connections qui se créent dans notre cerveau pendant le développement in utero, »

explique Horvath.

Le chercheur ajoute que ces mécanismes du cerveau ont d’autres conséquences. Les individus qui sont susceptibles de devenir obèses développent en effet une inflammation du cerveau alors que les personnes résistantes non. Cette inflammation pourrait aussi expliquer pourquoi une fois devenu obèse ces personnes ont plus de mal à perdre du poids.

« La question des facteurs génétiques, épigénétiques et environnementaux qui déterminent ce câblage de base est importante et il faudra l’adresser, »

ajoute le chercheur.

« En particulier, la vision qui commence à émerger est qu’en plus de la génétique, l’impact maternel sur le cerveau en développement pourrait bien être critique à la mise en place de ces circuits de l’alimentation. »

Notes et références

  1. Synaptic input organization of the melanocortin system predicts diet-induced hypothalamic reactive gliosis and obesity. Tamas L. Horvatha, Beatrix Sarmana, Cristina García-Cáceresd, Pablo J. Enriorie, Peter Sotonyia, Marya Shanabrougha, Erzsebet Boroka, Jesus Argented, Julie A. Chowend, Diego Perez-Tilvef, Paul T. Pflugerf, Hella S. Brönnekef, Barry E. Levinh, Sabrina Dianoa, Michael A. Cowleye, Matthias H. Tschöpf. Proceedings of the National Academy of Sciences. []

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