Epidémie d’obésité : les pays émergents doivent agir vite

Les pays émergents devraient intervenir sans délai pour enrayer la progression de l’épidémie d’obésité avant que le problème n’atteigne les niveaux observés dans les pays industrialisés. La sonnette d’alarme est tirée par l’Organisation de Coopération et de Développement Economique (OCDE) dans un rapport publiée dans la revue médicale britannique The Lancet1.

Le rapport de l’OCDE évalue les niveaux d’obésité dans six pays : l’Afrique du Sud, le Brésil, la Chine, l’Inde, le Mexique et la Russie. Les régimes dangereux pour la santé et l’inactivité physique poussent les taux d’obésité à se rapprocher rapidement de ceux des pays de l’OCDE, où la moitié de la population est déjà en surpoids et où l’obésité touche une personne sur six.

Les résultats varient d’un pays à l’autre. Sept mexicains sur 10 sont en surpoids ou obèses, et près de la moitié des brésiliens, des russes et des sud-africains appartiennent aussi à cette catégorie. La Chine et l’Inde enregistrent des taux d’obésité plus faibles mais évoluent elles aussi rapidement dans la mauvaise direction, d’après l’OCDE.

Le rapport précise que les pays à revenus faibles et intermédiaires disposent de ressources bien inférieures pour prodiguer les soins nécessaires face aux conséquences de l’obésité, tels que troubles cardiaques, cancer, diabète et autres graves problèmes de santé en augmentation.

L’OCDE recommande vivement que les pays en développement s’attaquent dès maintenant au risque d’épidémie d’obésité dans le cadre de stratégies globales de prévention, avant que le traitement des maladies liées à l’obésité n’entraîne des coûts beaucoup plus élevés.

Le coût annuel d’une vaste stratégie de prévention de l’obésité et d’autres menaces pour la santé comme la consommation d’alcool ou de tabac, l’hypertension et le cholestérol serait inférieur à 2 dollars par personne et par an en Inde et en Chine, à 3 dollars au Brésil, et se situerait aux alentours de 4 dollars par personne en Afrique du Sud, en Russie et au Mexique.

Cibler l’obésité infantile

La stratégie devrait comprendre des campagnes médiatiques de promotion de modes de vie plus sains, la mise en place de taxes et de subventions en faveur de l’amélioration des régimes alimentaires, une réglementation plus stricte de l’étiquetage des produits alimentaires de la part des pouvoirs publics et une limitation de la publicité pour les produits alimentaires. La mise en œuvre immédiate de ce type de stratégie globale augmenterait l’espérance de vie d’un million d’années de vie en bonne santé en Inde et de quatre millions d’années en Chine dans les 20 ans à venir (pour un coût de 270 dollars par année gagnée en Inde et de 380 dollars en Chine).

« Une stratégie reposant sur des interventions multiples donnerait des résultats sensiblement meilleurs sur le plan de la santé que des programmes distincts pour une plus grande rentabilité »

explique Michele Cecchini, analyste des politiques de santé et auteur principal du rapport.

L’OCDE fait valoir que la stratégie couvrirait ses propres coûts – du fait de la baisse des coûts des soins de santé – dans la moitié des pays examinés et serait rentable dans un délai de 15 ans dans les autres.
Le rapport s’intéresse aussi au taux d’obésité des enfants dans les pays en développement, encore inférieur à celui qu’enregistrent les pays de l’OCDE, mais qui évolue lui aussi rapidement dans la mauvaise direction.

L’OCDE propose que les pays prennent des mesures spécifiques pour lutter contre l’obésité infantile, par exemple en réglementant plus sévèrement la publicité des produits alimentaires qui leur sont destinés2.

Notes et références

  1. Chronic diseases and development The Lancet. Londres 10 novembre 2010 []
  2. Source : OCDE (L’OCDE met en garde contre la montée de l’obésité dans les pays en développement). []

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