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Les inégalités sociales visibles sur l’évolution du poids à l’échelle des populations

Dans les pays à faible et moyen revenus les personnes obèses et en surpoids ont eu une tendance croissante à le devenir encore plus, tandis qu’une prise de poids équivalente n’est pas observée chez les populations souffrant de sous-nutrition.

On pourrait s’attendre à ce que lorsqu’un pays connaît une croissance économique, la majorité de la population en sous-poids évoluerait vers un indice de masse corporelle (IMC) moyen. Cependant, cette étude récente montre l’inverse : les personnes de poids moyen tendraient à disparaître. Ce fossé grandissant pourrait pousser les gouvernements des pays en voie de développement à s’occuper des populations dont la prise calorique est largement insuffisante, tout en devant traiter des problèmes de santé associés à l’obésité, y compris le diabète.

Cette tendance croissante de poids extrêmes va constituer un défi pour les dirigeants politiques et des systèmes de santé. Ils devront équilibrer leurs priorités entre les problèmes de santé liées aux populations en sous-poids qui sont généralement les plus pauvres, et les problèmes liés au surpoids et à l’obésité présents dans les classes moyennes supérieures et aisées.

L’étude publiée dans la revue PLOS Medicine1 utilise des informations collectées dans le cadre du Demographic and Health Surveys (DHS), un projet Américain de suivi de la santé et des tendances des populations dans les pays en développement. Les chercheurs ont analysé l’IMC de 730.000 femmes vivant dans 37 pays entre 1991 et 2008, et ont observé que, au fur et à mesure que l’IMC moyen d’une population augmente, le nombre de femmes en surpoids et obèses augmente à un rythme bien plus important que la diminution du nombre de femmes en sous-poids.

L’IMC est un indicateur calculé par la division du poids d’une personne en kilogrammes par sa taille en mètres au carré. En comparaison avec un IMC considéré comme sain (arbitrairement entre 18,5 et 24,9 kg/m²), les individus en surpoids (IMC entre 25,0 et 29,9 kg/m²) et obèses (IMC supérieur à 30kg/m²) présentent des risques accrus de diabète, de maladies cardiaques et ont tendance à mourir plus jeunes. De l’autre côté de l’échelle, les individus en sous-poids (IMC inférieur à 18,5 kg/m²) présentent également un risque accru de mortalité, vraisemblablement dû aux complications liées à la malnutrition.

Cette étude représente une nouveauté car pour la première fois il est mis en évidence que l’augmentation de l’IMC ne se fait pas de façon homogène sur toute sa gamme ; au contraire celle-ci a lieu en grande partie sur les populations déjà en surpoids ou obèses, avec très peu de changements au niveau de ses populations en sous-poids. Ces divergences au sein des populations peuvent être corrélées à celles observées dans d’autres domaines, comme les revenus et la richesse, qui sont les acteurs majeurs de l’état pondéral dans ces pays.

Le travail des chercheurs va continuer afin de déterminer si ces motifs de distribution d’IMC peuvent également être observés dans des pays plus développés2.

Notes et références

  1. Change in the Body Mass Index Distribution for Women: Analysis of Surveys from 37 Low- and Middle-Income Countries. Fahad Razak, Daniel J. Corsi & SV Subramanian. PLoS Medicine. []
  2. Source BE []

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