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Les personnes obèses consultent le médecin plus souvent que les fumeurs réguliers

Une étude canadienne s’est intéressée à l’incidence de l’obésité sur le nombre de visites chez le médecin à l’échelle du pays. Les résultats montrent que les personnes obèses consultent le médecin plus souvent que les fumeurs réguliers sans problème de poids.

Selon l’OMS, le surpoids et l’obésité sont le cinquième facteur de risque de décès au niveau mondial. Au moins 2,8 millions d’adultes en meurent chaque année. En outre, 44% de la charge du diabète, 23% de la charge des cardiopathies ischémiques (maladies cardiovasculaires) et de 7% à 41% de la charge de certains cancers sont attribuables au surpoids et à l’obésité. D’après les estimations mondiales de l’OMS pour 2008, 200 millions d’hommes et près de 300 millions de femmes étaient obèses (1,4 milliard de personnes âgées de 20 ans et plus avaient un surpoids). Globalement, plus d’un adulte sur dix dans le monde était obèse.

Les chiffres atteignent des proportions encore plus dramatiques dans certains pays comme les États-Unis. Ainsi en 2010, presque 70% de la population étaient considérée en surpoids, et 35.7% des Américains sont obèses. Au canada, ou l’étude en question a été réalisée, près d’un Canadien sur quatre est obèse.

James McIntosh, professeur au département de sciences économiques de l’Université Concordia à Montréal, est le premier à examiner l’incidence de l’obésité sur le nombre de visites chez le médecin à l’échelle du pays.

D’après les résultats qu’il a présentés au congrès de l’Association canadienne d’économique, les personnes obèses consultent le médecin plus souvent que les fumeurs réguliers ayant un poids santé.

« Cette comparaison aide les gens à saisir toute la gravité du problème, car ils ont déjà une certaine connaissance intuitive de la nocivité du tabagisme »,

souligne le chercheur.

Afin de calculer l’effet d’une élimination complète de l’obésité, le Pr McIntosh s’est servi d’un modèle conçu à l’aide de données comprenant de l’information sur plus de 60 000 Canadiens ayant répondu à l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes de 2010. Il a ainsi découvert que si l’obésité n’était pas un facteur, les consultations médicales diminueraient de 10 pour cent.

Cette diminution pourrait être encore plus marquée si l’on tenait compte des nombreuses visites chez le médecin occasionnées par les troubles liés au diabète de type 2, maladie directement attribuable à l’obésité.

Il est également possible que l’obésité motive encore plus de consultations médicales que ne l’estime le modèle du Pr McIntosh, car l’enquête nationale n’inclut pas d’information sur les antécédents relatifs au poids. Or, une personne dont l’obésité est récente peut ne pas encore manifester tous les effets de complications comme le diabète, lesquels augmenteront à coup sûr ses besoins en soins médicaux.

Le Pr McIntosh espère que sa recommandation d’inclure les antécédents relatifs aux poids dans la prochaine enquête nationale permettra d’obtenir des résultats plus précis quant à l’incidence de l’obésité sur les consultations médicales.

« Les données montrent clairement que les gens mangent trop et ne font pas assez d’exercice. Cela doit changer,

commente-t-il.

Je crois qu’il est du devoir des chercheurs d’attirer l’attention des décideurs sur ces graves problèmes. »

Une solution pourrait être l’encouragement financier. Tout comme on impose des primes d’assurance vie plus élevées aux fumeurs, on pourrait augmenter le coût de l’assurance maladie pour les personnes obèses. Cependant, comme l’obésité est plus fréquente chez les personnes à faible revenu, cette idée serait plutôt difficile à mettre en œuvre.

Au final, une combinaison d’approches est nécessaire, soutient le Pr McIntosh. Il faudrait entre autres envisager un encadrement plus strict de la restauration rapide.

« La situation est préoccupante, mais pas encore catastrophique, conclut le chercheur. C’est donc maintenant qu’il faut agir, avant que ne soit atteint le seuil critique. »

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