Les régimes amaigrissants présentent des risques pour la santé

Les méthodes amaigrissantes prônées par des livres ou des sites internet peuvent avoir des « effets néfastes » sur les os, le coeur et les reins, met en garde l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire) dans un rapport publié jeudi. En outre, elles modifient le métabolisme, ce qui entraîne une reprise de poids au bout d’un an dans quatre cas sur cinq.

L’ANSES s’est penchée sur les régimes les plus populaires: Atkins, californien, « citron détox », chrononutrition, Cohen, Dukan, Fricker, Mayo, Miami, Montignac, Ornish, Scarsdale, soupe au chou, Weight Watchers, et Zone.

« Les régimes amaigrissants, pratiqués sans recommandation ni suivi d’un spécialiste, très largement diffusés auprès du public dans le commerce et sur internet, présentent des risques pour la santé plus ou moins graves »,

écrit l’ANSES.

La plupart du temps, ces méthodes ne respectent pas les apports nutritionnels conseillés, selon le rapport.

Dans « la quasi-totalité » des régimes, la quantité de glucides est inférieure aux apports nutritionnels conseillés. Dans « plus de 80% » des cas, l’apport en protéines est supérieur aux apports nutritionnels conseillés. Et dans trois méthodes sur quatre, les apports en fibres sont insuffisants.

Pour six régimes sur dix, le besoin nutritionnel moyen en fer chez la femme n’est pas couvert. Dans une même proportion, l’apport en sodium dépasse le niveau recommandé. Et dans 77% des cas, la quantité de vitamine D est inférieur au besoin nutritionnel moyen.

« Les régimes amaigrissants sont délétères pour l’intégrité du capital osseux »,

s’inquiète l’ANSES, en évoquant des risques de fractures.

« Les régimes très hypocaloriques peuvent induire de façon aiguë une mort subite, en lien avec des troubles du rythme cardiaque »,

poursuit l’agence.

Ils « provoquent des inflammations et fibroses modérées » au niveau du foie et de la veine porte « ainsi que des calculs biliaires ».

Avant tout régime hyperprotéique, l’ANSES recommande fortement un bilan rénal pour les sujets à risque.

L’agence remarque par ailleurs que « les régimes hypoglucidiques sont fréquemment associés à des troubles digestifs passagers », le plus souvent une « constipation liée à la baisse des apports en fibres ».

Outre ces « effets néfastes sur le fonctionnement du corps, et notamment pour les os, le coeur et les reins », l’ANSES met en garde contre « des troubles du comportement alimentaire ».

Enfin, « la pratique des régimes peut provoquer des modifications profondes du métabolisme » qui « sont souvent à l’origine du cercle vicieux d’une reprise de poids », prévient l’agence.

En effet, après un régime, le nombre de calories qui permet de ne pas regrossir est inférieur au nombre de calories que l’on pouvait auparavant ingérer sans faire bouger l’aiguille de la balance. Résultat: « la reprise de poids concerne 80% des sujets après un an et augmente avec le temps ». Ce qui fait dire à l’ANSES que « plus on fait de régimes, plus on favorise la reprise pondérale ».

« Le principal facteur de stabilisation du poids est l’activité physique »,

rappelle l’agence, qui conseille de se mettre au sport dès le début du régime et de continuer l’exercice ensuite.

Elle prône une alimentation équilibrée et diversifiée et plaide pour que toute démarche d’amaigrissement soit suivie par un médecin nutritionniste ou un diététicien.

Quelques-uns des régimes passés au crible :

– « citron détox » : jus de citron et sirop d’érable ou de palme. Hyperglucidique et extrêmement hypocalorique (574 kcal par jour pour un niveau conseillé de 1800 pour la femme, 2200 pour l’homme). Pas assez de protéines, de lipides, de fer, de calcium, de sodium, de magnésium… Risques nombreux.

– Régime Atkins : Pas de glucides pendant deux semaines, puis réintroduction graduelle. Hyperlipidique, très hypocalorique au départ. Apport en protéines plus de 2 fois supérieur à l’apport nutritionnel conseillé (ANC), apport en fibres dix fois inférieur à l’ANC pour Atkins phase 1. En général pas assez de fer, pas assez de calcium (Atkins 1) ni de magnésium, trop de sodium (2 fois l’ANC en phase 2). L’innocuité « n’est pas établie » pour les effets sur le système cardiovasculaire, des effets sont probables sur le rein et le foie, l’absence de fibres peut favoriser le cancer colorectal.

– Régime du Dr Dukan : Régime de protéines pures suivi d’une « phase de croisière », avec des jours avec légumes, et d’une phase 3 plus riche et avec son d’avoine. Hyperprotéinique et, pour sa phase 2, hyperlipidique. Apport en protéines au moins 3 fois supérieur à l’ANC, apport en fibres dix fois inférieur à l’ANC (Dukan 1 et 2), apport en calcium 2 fois supérieur à l’ANC (phase 1 et 3). Trop de magnésium et de sodium, pas assez de vitamine C.

L’excès de sodium va de pair avec une élévation de la pression artérielle et du risque de maladies cardiovasculaires. Effets probables sur le rein, facteur de risque de cancer colorectal et d’athéro-thrombose (manque de micronutriments).

– Régime du Dr Fricker : Plusieurs semaines très protéinées avec aussi fruits et légumes et un peu de matières grasses. S’y ajoutent ensuite des céréales et des féculents. Hyperprotéinique avec un apport d’environ le double des normes, et hypocalorique. Pas assez de fer, de calcium et de vitamines C en phase 3.

– Régime Montignac : Pendant deux mois pas de mélange des « mauvais glucides » comme le pain blanc avec les lipides. Pas de pommes de terre, de riz blanc, de pâtes blanches mais des farines non raffinées et du pain complet. Hyperlipidique. Pas assez de fer pour les femmes, de fibres, de calcium, de magnésium, de vitamine D.

– Régime de la soupe au chou : Bol de soupe au chou à chaque repas pendant une semaine, avec le 1er jour des fruits, le 2e des légumes, le 3e des fruits et légumes, etc. Extrêmement hypocalorique, hyperglucidique. Trop faible en lipides.

– Régime Weight Watchers : chaque jour au moins 200g de fruits et 300 g de légumes, des produits laitiers, 1l d’eau, 2 cuillères de graisse végétale, des glucides, des protéines au moins à un repas… Hyperglucidique, hypocalorique. Peu de manques en macronutriments, vitamines ou minéraux.

Selon l’Anses, tous ces régimes font en outre courir des risques du simple fait de la perte de poids, qui a un impact sur le capital osseux. Ils entraînent aussi des troubles du métabolisme et du comportement alimentaire, avec une reprise de poids qui peut dépasser le poids de départ.

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