L’obésité réduit l’espérance de vie

imc-obesiteUne vaste étude conduite sur presque un million de personnes établit une corrélation entre le poids d’un individu et son espérance de vie. Les résultats ont été rendu publique, mercredi 18 mars, sur le site de la revue médicale britannique The Lancet.

Des épidémiologistes de l’université d’Oxford (Grande Bretagne), dirigés par le professeur Ricard Peto et le docteur Gary Whitlock, ont analysés 57 études prospectives à travers le monde, visant chacune à étudier les liens pouvant exister entre, d’une part, l’indice de masse corporelle (IMC), calculé en fonction du poids et de la taille, et, de l’autre, la fréquence d’apparition de certaines maladies ou la durée de l’espérance de vie. Au total, 894 576 personnes ont pu être suivies sur des périodes allant de dix à quinze ans. Lancées dans les années 1970, les 57 études prospectives avaient été menées dans différents pays européens, aux Etats-Unis, en Israël, en Australie ainsi qu’au Japon. Au total, près de 100 000 décès ont été recensés durant la période étudiée.

Les différentes analyses statistiques effectuées par les auteurs de la publication du « Lancet » permettent aujourd’hui de confirmer qu’une augmentation de l’IMC correspond à une réduction statistiquement significative de l’espérance de vie.

Plus précisément, une réduction de l’espérance de vie moyenne commence à être observée chez les personnes ayant un IMC qui dépasse une fourchette comprise entre 22,5 et 25 kg/m2. Dans les cas d’obésité modérée (soit un IMC compris entre 30 et 35 kg/m2), le risque correspond à un tiers de la mortalité prématurée due à une consommation régulière de tabac. Quant aux personnes souffrant d’obésités qualifiées de sévères (entre 40 et 50 kg/m2), elles sont exposées aux mêmes risques de mortalité prématurées que des fumeurs chroniques.

En d’autres termes, ce travail établit qu’une obésité modérée, situation qui concerne un nombre croissant de personnes dans les pays industriels comme dans certains pays en voie de développement, équivaut à une réduction de l’espérance de vie comprise entre deux et quatre années. Les obésités sévères, beaucoup moins fréquentes, sont statistiquement associées, comme la consommation de tabac, à une réduction de l’espérance de vie comprise entre huit et dix ans.

D’un point de vue inverse, une personne âgée d’une quarantaine d’année qui parvient à stabiliser son IMC à 28 kg/m2 gagne deux années d’espérance de vie par rapport à une personne qui passerait à 32 kg/m2. Ce gain serait de trois années pour des personnes qui se stabiliseraient à 24 kg/m2.

Les auteurs de ces travaux ont également procédé à l’analyse des causes de décès en fonction de l’augmentation de l’IMC. A partir de 25 kg/m2,chaque palier de 5 kg/m2 supplémentaire correspond à une augmentation du risque de décès par maladie cardiovasculaire ou par accident vasculaire cérébral de 40 %; par diabète, affections rénales ou hépatiques comprise entre 60 et 120 %; par cancer de 10 %; et par maladies pulmonaires de 20 %.

Au vu de ces résultats, Richard Peto estime que pour les personnes qui sont sur le point d’entrer dans la catégorie des obésités modérées, ce serait « une bonne idée » que de parvenir à perdre quelques kilogrammes.

« Ces résultats soulignent tous l’importance négative de l’augmentation du poids,

indique pour sa part le professeur Arne Astrup, de l’université de Copenhague.

Une augmentation – fût-elle minime – de son IMC est suffisante pour augmenter le risque d’être atteint d’une affection vasculaire ou cancéreuse. »

Pour certains spécialistes, le fait que ce travail repose sur des études menées pour la plupart dans les années 1970 et 1980 ne permet pas d’avoir une vision précise de la situation actuelle, compte tenu de la progression constante du nombre de personnes souffrant de surcharge pondérale et d’obésité.

« L’obésité est devenu un nouveau problème majeur en terme de santé publique,

affirme le professeur Astrup.

Et chacun doit désormais être informé des différents risques médicaux auxquels il s’expose dès lors qu’il prend du poids. »

Les auteurs de l’étude soulignent que leur travaux ne permettent pas de quantifier les conséquences dans les prochaines décennies, en termes de mortalité prématurée, des taux d’obésité observés aujourd’hui chez les enfants et les adolescents.


Article: Body-mass index and cause-specific mortality in 900 000 adults: collaborative analyses of 57 prospective studies (télécharger cet article au format PDF)
Auteurs: Etude collaborative (se référer à l’article original pour la liste complète)
Journal de publication: The Lancet

Source: Lemonde.fr

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