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Se sentir gros peut vraiment vous rendre gros

Des chercheurs norvégiens ont observé que les adolescents qui se sentent en surpoids alors qu’ils ont un poids parfaitement normal finissent par réellement être en surpoids à l’âge adulte.

Crédit Getty Images

Elles sont partout, dans les magazines, sur internet, dans les publicités, à la télévision, des filles très maigres qu’on nous présente comme ayant des corps parfaits. Pourtant, malgré les pressions croissantes pour devenir plus fin, de plus en plus de personnes sont en surpoids. Des chercheurs norvégiens viennent de révéler les résultats d’une étude1 qui s’est étalée sur 11 ans qui montre que les adolescents qui se sentent en surpoids, malgré un poids parfaitement normal, finissent par le devenir à l’âge adulte.

A la recherche du poids idéal

Les chercheurs avancent plusieurs raisons pour expliquer pourquoi des adolescents qui se perçoivent en surpoids alors qu’ils ont un poids normal courent le risque d’être réellement en surpoids à l’âge adulte.

Une première explication peut être liée au stress psychosocial, souvent associée à la prise de poids autour de la taille. Selon ce scénario, le stress psychosocial lié au fait d’avoir (ou ne pas avoir) un corps idéal, ainsi que la perception de soi-même comme étant en surpoids, peut engendrer une prise de poids.

Une autre raison peut être le fait que les jeunes gens qui se perçoivent en surpoids changent souvent leurs habitudes alimentaires en sautant par exemple des repas. Les études montrent que ne pas prendre de petit déjeuner peut se traduire par une obésité. En outre, suivre un régime que l’on ne peut pas maintenir dans le temps va aussi être contreproductif, le corps va tout faire pour retrouver (voire dépasser) le poids que vous aviez avant le régime.

Les chercheurs ont également observé que la pratique d’une activité physique ne compensait pas les effets négatifs de se sentir en surpoids à un jeune âge.

Un IMC plus élevé, un tour de taille plus large

Pour parvenir à ces observations, les chercheurs ont suivi durant 11 années 1196 adolescents (filles et garçons) âgés de 13 à 19 ans avec un poids normal. Les adolescents ont été recrutés au milieu des années 90 et ont été suivis jusqu’au milieu des années 2000. La moitié des participants avaient encore poids normal à l’âge adulte. Mais parmi ceux qui étaient en surpoids, les chercheurs ont constaté une nette différence:

Les données ont montré que 59% des filles qui se sentaient grosses à l’adolescence sont en surpoids à l’âge adulte, d’après leur indice de masse corporelle, ou IMC. En prenant le tour de taille comme indicateur de l’obésité, le pourcentage d’adolescentes qui se percevaient grosses à l’adolescence et en surpoids à l’âge adulte atteint 78%.

En revanche, 31% des filles qui ne se considéraient pas en surpoids pendant l’adolescence étaient en surpoids d’après la mesure de leur IMC et 55%, avec la mesure par le tour de taille.

Les adolescents avec un poids normal qui avaient estimés être en surpoids avaient en moyenne, à l’âge adulte, un IMC supérieur de 0.88 et un tour de taille plus large en moyenne de 3,46 cm.

Des études similaires ont déjà été menées avec des adultes et de la même manière elles ont montré une augmentation du poids au fil années chez les participants qui sentaient gros.

Des mesures simples peuvent suffire

L’étude montre également que les filles de poids normal étaient plus susceptibles que les garçons de se considérer comme étant en surpoids: 22% des filles et 9% des garçons se voyaient comme en surpoids lors de la première enquête au milieu des années 90.

Une explication de cette différence entre les sexes peut s’expliquer selon les auteurs par fait que l’attention portée par les médias à l’apparence cible plus les jeunes filles que les hommes.

« Les filles sont ainsi plus sujettes au stress psychosocial plus obtenir un corps idéal. La société doit s’arrêter de se focaliser sur le poids, et a besoin de souligner l’importance d’avoir des habitudes alimentaires saines, telles que manger des repas réguliers et variés et l’importance de prendre un petit déjeuner. Des bonnes habitudes de sommeil sont aussi un avantage, »

écrivent les auteurs de l’étude.

Les auteurs préconisent également la diminution du temps passé dans les transports scolaires et l’augmentation de la durée des activités scolaires dites récréatives pour réduire le tour de taille des adolescents. Toutes ces mesures peuvent améliorer la santé globale des ados et peut également être une aide pour les adolescents qui sont réellement en surpoids, mais qui pensent avoir un poids normal.

Enfin les auteurs soulignent également l’importance de l’école pour apprendre aux adolescents ce qu’est un corps normal, des formes normales et que tous les types de corps sont beaux. Et pour finir, ils pensent que les médias doivent arrêter de présenter des corps de mannequins comme étant parfaits alors qu’ils ne le sont pas.

Notes et références

  1. Koenraad Cuypers, Kirsti Kvaløy, Grete Bratberg, Kristian Midthjell, Jostein Holmen, Turid Lingaas Holmen. Being Normal Weight but Feeling Overweight in Adolescence May Affect Weight Development into Young Adulthood—An 11-Year Followup: The HUNT Study, Norway. Journal of Obesity, 2012; 2012: 1 DOI: 10.1155/2012/601872 []

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