Un test ADN pour l’obésité

Une étude vient de montrer que des changements sur l’ADN pourraient être associés à un risque d’obésité et à l’indice de masse corporelle (IMC). Ces travaux pourraient permettre le développement de tests pour repérer ces changements sur l’ADN et aider les médecins à identifier précocement les personnes à risque d’obésité pour prévenir son apparition en modifiant dès l’enfance l’alimentation ou le mode de vie.

Les résultats de cette étude sont détaillés dans la revue scientifique Science Translational Medicine1.

La plupart des études de maladies génétiques s’intéressent à l’ADN, à ce qu’on appelle la séquence d’ADN. Elles ont eu jusqu’ici un succès partiel dans la découverte des gènes responsables. Ici, Andrew Feinberg et ses collègues ont pris une autre approche qui consiste à mesurer des changements de l’ADN qui ne sont pas contenus dans sa séquence mais contrôlent quand et comment les gènes sont utilisés.

Epigénétique

Ce domaine d’étude est communément appelé l’épigénétique. Elle s’intéresse plus généralement, à la manière dont l’environnement et l’histoire individuelle influe sur l’expression des gènes, et plus précisément l’ensemble des modifications transmissibles d’une génération à l’autre et réversibles de l’expression génique sans altération des séquences nucléotidiques2. L’un de ces changements est l’ajout d’une petite « étiquette », appelée groupement méthyle, sur l’une des bases qui constituent le code de l’ADN. Les groupements méthyles présents sur l’ADN chez l’homme et d’autres mammifères jouent un rôle important dans la détermination de l’expression des gènes.

Les auteurs ont découvert que les groupes méthyle de l’ADN des gens restent stables au cours du temps. Ces marques sont comme des « empreintes épigénétiques » qui permettent de distinguer les personnes entre elles. Mieux, dans certaines régions du génome ces empreintes peuvent être associées à l’IMC utilisé pour évaluer l’obésité.

Dans leur expérience, les chercheurs ont mesuré la méthylation de l’ADN chez 47 personnes à partir de deux échantillons prélevés à 11 années d’intervalle. Ils se sont penchés sur les régions variables de méthylation (RMV) de l’ADN, zones qui présentent une variabilité de méthylation plus importante que prévue. L’équipe a ainsi pu identifier 227 RMV chez ces individus et montré que si certaines changeaient au fil des ans beaucoup d’autres restaient stables. Et les chercheurs ont trouvé une méthylation stable dans l’ADN de 13 gènes déjà connus pour leur lien avec l’obésité ou le diabète3.

Notes et références

  1. Personalized Epigenomic Signatures Stable Over Time and Covarying with Body Mass Index. Andrew P. Feinberg, Rafael A. Irizarry, Delphine Fradin, Martin J. Aryee, Peter Murakami, Thor Aspelund, Gudny Eiriksdottir, Tamara B. Harris, Lenore Launer, Vilmundur Gudnason, M. Daniele Fallin. Science Translational Medicine. []
  2. Défintion Wikipédia []
  3. Source : EurekAlert []

Commentaires Clos.

Note aux utilisateurs concernant la publication d'informations médicales :
Publiez uniquement des informations que vous jugez véridiques à la lumière de vos connaissances.
Si les données médicales diffusées ne proviennent pas de votre expérience personnelle, vous devez indiquer les sources (références, liens, etc.).