Un virus lié à l’obésité infantile

Une étude américaine ne manquera pas de raviver un débat controversé qui divise la communauté scientifique depuis plusieurs années. Une étude américaine vient en effet de révéler qu’un virus provoquant des infections respiratoires était lié à l’obésité infantile.

Des études antérieures faites chez l’animal ont impliqué un virus commun dans la prise de poids mais la découverte avait été remise en cause. Les chercheurs ont montré dans une nouvelle étude, parue dans la revue Pediatrics1, que les enfants obèses qui produisaient des anticorps contre un certain virus pesaient en moyenne 15,8 kg de plus que ceux que les enfants qui n’en produisaient pas.

Les précédentes études avaient montré que les poulets ou les souris inoculés avec des virus similaires prenaient du poids. Un lien entre le virus AD36 (adénovirus 36) et l’obésité adulte avait été suggéré.

Les chercheurs de l’université de Californie ont mené leur étude sur un groupe de 124 enfants et adolescents âgés de huit à dix-huit ans. La moitié des enfants étaient considérés obèses selon l’indice de masse corporelle (IMC). Les chercheurs ont retrouvé la présence d’anticorps contre l’adénovirus 36 chez 19 enfants, dont 15 étaient considérés obèses. Et parmi les enfants obèses, ceux qui avaient des anticorps AD36 pesaient en moyenne 18 kilos de plus que les enfants obèses ne produisant pas ces anticorps.

« . Beaucoup de gens jettent la faute sur les enfants obèses ou leurs parents. Ce travail montre que le poids corporel est beaucoup plus complexe que ce qu’il y paraît. Ces données confortent l’idée selon laquelle une infection peut provoquer ou contribuer à l’obésité »,

déclare Jeffrey Schwimmer, auteur principal de l’étude.

Les travaux sur des cultures de cellules ont en effet montré que l’adénovirus 36 infecte les pré-adipocytes, c’est à dire les cellules à l’origine des adipocytes, cellules qui constituent graisse, ce qui provoquerait une accélération de leur développement et une prolifération anormale. Pour le chercheur il s’agit là d’un possible mécanisme expliquant l’obésité, reconnaissant néanmoins que plus d’études sont nécessaires :

« c’est peut-être le mécanisme de l’obésité, mais nous devons poursuivre les recherches pour nous en assurer. »

Pour le professeur Julian Hamilton-Shield, du département « diabètes et endocrinologie métabolique » de l’Université de Bristol au Royaume-Uni, contacté par la BBC qui reprend l’information, cette étude est loin de clore le débat :

« C’est une petite étude intéressante mais elle n’est pas définitive. Elle ne montre pas la cause mais juste une association. Il se pourrait, par exemple, que les personnes obèses soient plus susceptibles d’être infectées par le virus AD36. Néanmoins, c’est une preuve supplémentaire que AD36 est lié d’une façon ou de l’autre à l’obésité. »

Notes et références

  1. Adenovirus 36 and Obesity in Children and Adolescents. Charles Gabbert, Michael Donohue, John Arnold, Jeffrey B. Schwimmer. Pediatrics. doi:10.1542/peds.2009-3362. []

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