anorexie

Anorexie : un marqueur pour prédire le risque de rechute

Des chercheurs français ont identifiés un marqueur prédictif du risque de rechute précoce après une hospitalisation pour anorexie mentale. Ce marqueur pourrait bien aider les experts à adapter le suivi médical et psychologique des patientes les plus vulnérables.

L’anorexie mentale touche essentiellement les jeunes filles. Elles restreignent volontairement leurs apports alimentaires, se font parfois vomir et pratiquent souvent une activité physique excessive. Leur perte de poids peut devenir si importante qu’elle finit par engager leur pronostic vital. Une hospitalisation est alors nécessaire, pour réalimenter la patiente et lui faire prendre du poids.

Si cette prise en charge est la plupart du temps efficace, de nombreuses patientes rechutent dans les semaines ou les mois qui suivent leur sortie de l’hôpital. Hélas, à ce jour, aucun facteur ne permet d’estimer ce risque de rechute et d’identifier les sujets les plus vulnérables afin renforcer leur suivi médical et psychique.

L’hormone de croissance GH, marqueur significatif

Pour palier ce manque, des chercheurs de l’Inserm1 ont étudié différents paramètres biologiques chez onze patientes anorexiques hospitalisées. Des prélèvements ont été effectués à l’arrivée des patiente à l’hôpital, puis lorsqu’elles ont atteint certains paliers de reprise de poids. Parmi ces paramètres figuraient notamment la résistance à l’insuline, le niveau d’hormones sexuelles (testostérone et oestradiol), d’hormones impliquées dans la prise de poids et dans la régulation de l’appétit (greline et adiponectine) et de l’hormone de croissance GH. Cette dernière régule la production d’une autre hormone appelée IGF-1, impliquée dans différentes fonctions telles que la croissance des tissus musculaire et osseux ou la régulation du métabolisme glucidique ou protidique.

L’analyse de ces différents paramètres a montré que le dosage de l’hormone de croissance GH pourrait permettre de prédire le risque de rechute précoce des patientes anorexiques2.

Un marqueur à valider sur de plus grandes cohortes

Les femmes qui avaient un taux élevé de cette hormone au moment de leur hospitalisation et chez qui la baisse a été importante au cours de la prise en charge ont en effet conservé un poids stable au moins six mois après la sortie de l’hôpital. A l’inverse, celles qui avaient un taux d’hormone GH plus bas au début de leur prise en charge et qui a peu varié au cours du traitement ont rechuté dans les six mois.

« Ce marqueur n’est probablement pas le seul, mais sa valeur prédictive est tout à fait significatif dans cette étude. Il faut encore valider ce résultat auprès d’un plus grand nombre de patientes, suivies pendant plus longtemps, mais si ces données se confirment, de simples prises de sang permettant de doser l’hormone GH à plusieurs reprises au cours de la prise en charge pourraient nous aider à appréhender le risque de rechute des patientes. Un meilleur encadrement médical et psychiatrique, avec des visites plus fréquentes, serait proposé aux plus vulnérables,»

explique René Valéro, coauteur des travaux3.

Notes et références

  1. Unité Inserm UMR 1062, Faculté de Médecine Timone, Marseille. []
  2. Juan P. Nogueira, René Valéro, Marie Maraninchi, Anne M. Lorec, Catherine Samuelian-Massat, Audrey Bégu-Le Corroller, Alain Nicolay, Jean Gaudart, Henri Portugal & Bernard Vialettes. Growth hormone level at admission and its evolution during refeeding are predictive of short-term outcome in restrictive anorexia nervosa. British Journal of Nutrition. []
  3. Source : Inserm []

Commentaires Clos.

Note aux utilisateurs concernant la publication d'informations médicales :
Publiez uniquement des informations que vous jugez véridiques à la lumière de vos connaissances.
Si les données médicales diffusées ne proviennent pas de votre expérience personnelle, vous devez indiquer les sources (références, liens, etc.).