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La panne d’érection: au fond une chance ?

L’érection masculine est un baromètre de la santé et lorsque ce baromètre n’est plus au beau fixe, il faut consulter, ont expliqué les spécialistes lors des Assises françaises de sexologie et de santé sexuelle qui se sont tenus vendredi à Montpellier.

Les études l’assurent, environ un homme sur trois est victime au cours de sa vie d’une panne. Mais si cette perte de la virilité, souvent momentanée, est parfois vécue comme un traumatisme, elle devrait tout au contraire être considérée comme une chance, selon le Dr Gilbert Bou Jaoudé, président de l’Association pour le développement de l’information et de la recherche sur la sexualité (Adirs), au cours de ces assises qui avaient pour thème « le dialogue avec les autres disciplines ».

« Plutôt que de s’inquiéter du résultat, il faut s’inquiéter de la cause »,

confirme Audrey Gorin, psychiatre-sexologue à Marseille et animatrice avec le Dr Bou Jaoudé d’une table ronde au titre qu’elle reconnaît « provocateur »:

« La panne d’érection: au fond une chance ? »

L’idée, défendue également dans une campagne de publicité diffusée depuis début mars sur les chaînes de télévision et co-réalisée par l’Adirs et un laboratoire, est de souligner l’importance du symptôme de la panne dans la recherche d’autres pathologies.

L’ambition est de faire prendre conscience qu’il faut en parler. D’abord parce qu’il y a des solutions immédiates – comprimés, mais aussi traitements à base d’écorces d’arbres, injections, pompe… Ensuite et surtout parce que le bénéfice peut s’avérer énorme pour l’avenir.

« Un dysfonctionnement érectile peut avoir de multiples causes. C’est un symptôme objectif, parfois le premier qui peut permettre de détecter une maladie qui n’est pas encore apparue ou de mettre en lumière une pathologie dont le patient n’a pas conscience. Très souvent, ces maladies n’auraient pas été diagnostiquées si vite sans une panne sexuelle »,

assure le Dr Gorin.

« La panne sexuelle peut se poser comme le tout premier signe d’un problème cardiaque qui apparaîtra trois à six ans plus tard, parce que l’artère du pénis fonctionne quasiment comme celle du coeur. Ou la conséquence qu’une dépression encore masquée et qui n’apparaît que sur le plan sexuel »,

détaille le Dr Bou Jaoudé.

Pour autant, le corps médical ne souhaite pas encourager les hommes à consulter dès le premier problème.

« Il faut voir un sexologue ou un généraliste quand cela devient une gêne », précise la psychiatre, avant de lister des causes possibles, sans être exhaustive: « diabète, problème de prostate, cholestérol, médicaments, surpoids, tabac, dépression, tension dans le couple, stress… »

Si dans l’esprit du public, le problème sexuel touche essentiellement les hommes, il concerne aussi les femmes.

« Mais c’est plus psychologique »,

relève le Dr Bou Jaoudé.

« Généralement l’anaphrodisie dans un couple doit être l’occasion de remettre de l’équilibre, de donner une nouvelle hygiène de vie, de changer les rythmes de vie.
A terme tout le monde gagne: le couple, la femme, l’homme »,

conclut le médecin1.

Notes et références

  1. Source : AFP []

Commentaires Clos.

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