Les larmes des femmes inhibent la libido des hommes

Les larmes de tristesse contiendraient un signal chimique qui diminue la libido des hommes selon une étude parue cette semaine. Le rôle des larmes d’émotion, qui seraient une spécificité de l’espèce humaine, a depuis toujours troublé les scientifiques.

Les chercheurs ont montré de longue date que la composition de ces larmes émotionnelles est différente des larmes produites pour protéger les yeux des poussières. Chez la souris, les larmes contiennent des substances chimiques spécifiques que les autres souris peuvent « sentir. » Une équipe de chercheurs israéliens a réalisé une série d’expériences afin de tester cette hypothèse chez l’homme. Les résultats détaillées dans le dernier numéro de la revue Science1 suggèrent que les larmes des femmes contiendraient un signal chimique capable de réduire le taux de testostérone et l’excitation sexuelle chez les hommes.

Dans une petite étude, des volontaires hommes ont senti soit des larmes issues de femmes qui avaient regardé un film triste soit des gouttes de solution saline qui avaient dégouliné du visage de ces mêmes femmes. Dans les expériences menées en double aveugle – ni les hommes ni les chercheurs qui fournissaient les liquides ne savaient s’il s’agissait de larmes ou de la solution – les hommes n’ont senti aucune odeur particulière dans les deux solutions. Les chercheurs ont ensuite demandé aux hommes d’évaluer des femmes sur photo en fonction de leur attirance sexuelle. Les hommes qui avaient humé les larmes ont trouvé les femmes moins attirantes que ceux qui avaient seulement senti la solution salée. De plus, ces hommes présentaient une baisse de leur éveil physiologique et de leur taux de testostérone salivaire. Enfin, des analyses par IRM fonctionnelle ont montré que les parties de leur cerveau typiquement associées à l’excitation sexuelle étaient moins actives chez eux.

«Les signaux chimiques sont une forme de langage. Fondamentalement, ce que nous avons trouvé c’est le signal chimique pour dire « non », ou du moins « pas maintenant, »

a expliqué l’un des chercheurs.

Les chercheurs s’intéressent à présent aux larmes des hommes. Ils pensent qu’elles pourraient aussi contenir, ainsi que celles des enfants, des signaux chimiques similaires ou distincts.

Notes et références

  1. Human Tears Contain a Chemosignal. Shani Gelstein, Yaara Yeshurun, Liron Rozenkrantz, Sagit Shushan, Idan Frumin, Yehudah Roth & Noam Sobel. Science. []

Un Commentaire

  1. Merci pour l’apport scientifique

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