Découverte d’une protéine de l’oubli

Epines dendritiques d'un neurone d'une souris transgénique visualisées grâce à une coloration argentique. © Alexandra Auffret

Epines dendritiques d'un neurone d'une souris transgénique visualisées grâce à une coloration argentique. © Alexandra Auffret

En travaillant sur les premiers stades de la maladie d’Alzheimer, des chercheurs français* ont fait une découverte qui va bien au-delà de cette maladie, car elle concerne toutes les personnes âgées. Ils ont montré que la préséniline 1, une protéine présente dans le cerveau en quantité croissante avec l’âge (chez les personnes saines, comme chez les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer) est néfaste pour la mémoire. Ces travaux ont fait l’objet d’une publication dans la revue spécialisée Journal of Neuroscience.

Les chercheurs ont étudié le rôle de la préséniline 1, une protéine dont la mutation est impliquée dans les formes génétiques de la maladie d’Alzheimer, qui touche des personnes relativement jeunes. En travaillant sur ces formes génétiques, avec les souris dotées de la protéine mutée, ils essaient de comprendre la physiologie de la maladie.

Dans cette étude, la surprise est venue des souris qui exprime la préséniline 1 normale (non mutée) et qui devaient au départ servir de témoins. Les chercheurs ont montré qu’une surproduction de préséniline 1 entraîne, avec l’âge, des anomalies de la plasticité synaptique et donc de la mémoire. Pour cela, ils ont à la fois mesuré l’efficacité de la transmission de l’influx nerveux et compté le nombre d’épines dendritiques, des structures localisées sur le prolongement des neurones, où se forment les synapses. Ces résultats inattendus suggèrent que la préseniline 1 aurait une action neurotoxique. Or, des études récentes montrent que dans le cerveau des personnes âgées, qu’elles soient ou non atteintes de la maladie d’Alzheimer, le taux de préséniline 1 augmente. Ainsi, lors du vieillissement, la préséniline 1 serait responsable de l’atteinte des fonctions cognitives liées à la mémoire.

* Laboratoire Neurobiologie des processus adaptatifs (UPMC/CNRS)


Référence :
Article :
Age-dependent impairment of spine morphology and synaptic plasticity in hippocampal CA1 neurons of a Presenilin 1 transgenic mouse model of Alzheimer’s disease
Auteurs : Alexandra Auffret, Vanessa Gautheron, Mariaelena Repici, Rudolf Kraftsik, Howard T. J. Mount, Jean Mariani et Catherine Rovira
Journal de publication : Journal of Neuroscience
Doi : 10.1523/JNEUROSCI.1856-09.2009

Source : CNRS

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