La restriction calorique peut prolonger l’espérance de vie – même adoptée tard dans vie

De nouveaux travaux sur la souris1 permettent aux scientifiques de mieux comprendre comment la restriction calorique peut augmenter l’espérance de vie et réduire l’incidence des maladies liées à l’âge.

La restriction calorique peut prolonger l'espérance de vieLes scientifiques savent depuis longtemps que réduire son apport calorique peut prolonger l’espérance de vie de certains animaux, ces nouveaux travaux montrent en revanche comment ce régime alimentaire affecte le mécanisme du vieillissement. Des résultats qui pourraient permettre de prévenir un certain nombre de maladies liées à l’âge.

Les chercheurs ont voulu connaitre les effets de la restriction calorique sur un phénomène appelé la sénescence cellulaire (lorsque les cellules sont tellement âgées qu’elle ne peuvent même plus se répliquer). Ils ont observé chez des souris soumises à un régime de restriction calorique qu’elle accumulaient moins de cellules sénescentes dans leur foie et intestins. Ces deux organes sont connus pour accumuler de larges quantités de ces cellules avec l’âge.

Les chercheurs ont également trouvé que les télomères des chromosomes des souris soumises à un régime restrictif étaient mieux maintenus malgré leur vieillissement. Les télomères sont les régions situés à l’extrémité d’un chromosome. Ils protègent le chromosome en prévenant des erreurs, et par conséquent des maladies qui en découleraient, qui pourraient se produire lors de la réplication de l’ADN et cela tout au long de la vie de l’organisme. Ces télomères ont tendance à s’éroder avec le temps.

Par ailleurs, les souris ont été soumises à ce régime sur une courte période de temps montrant ainsi qu’il n’est pas nécessaire de suivre un tel régime toute la vie pour en tirer les bénéfices.

« Beaucoup de gens connaissent la théorie qui consiste à dire qu’adopter un régime alimentaire hypocalorique peut aider à prolonger l’espérance de vie et il y a de nombreux travaux qui montrent que c’est probablement vrai. Cependant, nous devons mieux comprendre ce qui se passe dans l’organisme soumis à ce régime. Nos recherches, qui ont consisté à observer les parties de l’organisme qui montrent des signes biologiques du vieillissement, suggèrent que la restriction calorique peut aider à prévenir l’accumulation de cellules sénescentes et peut réduire les dommages sur les télomères protecteurs. En retour, ce phénomène prévient l’oxydation des tissus qui sont normalement liés aux maladies liées à l’âge, »

déclare Chunfang Wang, le chercheur qui a dirigé ces recherches.

Le professeur Thomas von Zglinicki qui a supervisé l’étude, est également enthousiaste à propos de la découverte :

« C’est excitant de voir que nos expériences montrent cet effet sur les cellules sénescentes et la perte des télomères, même lorsque la restriction calorique est appliqué tard dans la vie. Nous ne savons pas encore si la restriction calorique retarde le vieillissement chez l’homme et peut-être que nous n’en voudrions pas. Mais nous savons au moins que cela peut marcher même lorsque c’est adopté tard dans la vie. Cette preuve de principe nous encourage à continuer notre recherche de moyens d’intervention pour lutter dans un futur proche contre les faiblesses chez les patients âgés. »

Notes et références

  1. Late-onset, short-term dietary restriction reduces cell senescence in mice. Chunfang Wang, Mandy Maddick, Satomi Miwa, Diana Jurk, Rafal Czapiewski, Gabriele Saretzki, Kerry Cameron, Thomas von Zglinicki.
    Travaux présentés à la conférence British Society for Research on Ageing Conference 2010 qui s’est tenue à Newcastle les 15 et 16 Juillet. []

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