La circoncision masculine diminue de moitié le risque d’infection par le VIH

La circoncision masculine diminue de moitié le risque d'infection par le VIH La National Institute of Allergy and Infectious Diseases, qui fait parti du NIH (National Institude of Health) -l’équivalent américain de l’INSERM français- a interrompu prématurément deux essais cliniques sur les effets de la circoncision masculine sur la propagation du VIH devant l’évidence que la circoncision masculine réduisait le risque d’infection par le VIH de 50%.
Elle précise dans un communiqué (1) qu’il était inutile de poursuivre les essais suite au compte rendu de mi-étude qui montrait clairement que la circoncision réduisait de 50% le risque d’infection par le VIH à la suite de rapports sexuels hétérosexuels.

L’étude portait sur environ 8000 hommes, ségrégatifs, en Ouganda et au Kenya. Elle devait s’achever en juillet pour la première et en septembre 2007 pour la seconde.

Dans l’étude ougandaise qui concernait 2784 hommes dont la moitié était circoncises, 22 individus ont contracté le VIH dans le groupe des circoncis contre 43 pour le groupe contrôle non circoncis. L’étude kenyanne était composé de 4996 hommes, le nombre d’individus ayant contracté le VIH s’élevait à 22 pour les hommes circoncis contre 47 chez les hommes non circoncis. Ces résultats sont similaires à une étude française réalisée par l’ANRS (Agence nationale de recherche sur le SIDA) en Afrique du Sud qui montrait que la circoncision réduisait le risque d’infection par le VIH de 60%(2).

Selon le directeur du NIH, Elias Zerhouni, cette découverte devrait avoir des conséquences pour les futurs politiques de prévention. L’OMS a d’ailleurs déclaré qu’elle allait faire des recommandations pour promouvoir la circoncision masculine, elle a néanmoins exprimé des craintes que de telles recommandations pouvaient donné un faux sentiment de sécurité.

Il reste cependant un point à éclaircir à savoir si la circoncision masculine chez les séropositifs pourrait prévenir la transmission du virus à la femme. Un groupe de la Johns Hopkins University de Baltimore (USA) mène actuellement une étude pour répondre à cette question.

Le prépuce est riche en cellules de Langerhans

Plusieurs explications peuvent être apportés pour comprendre le rôle protecteur de la circoncision.
Différentes études (3) ont montré que le prépuce est riche en cellules de Langerhans (ou cellules dendritiques), ces cellules, qui font partie du système immunitaire, sont la cible préférentielle du VIH. Une autre hypothèse mise en avant est qu’après un rapport sexuel contaminant, le VIH persisterait plus longtemps chez les non-circoncis car la zone entre le pénis et le prépuce est un milieu (humidité et température) favorable à la survie du VIH. Enfin chez les circoncis, l’épithélium qui recouvre le gland est kératinisé, cette kératinisation limite les micro-lésions qui se produisent durant les rapports sexuels. Ces micro-lésions constituent autant de portes d’entrée pour le virus.

Références
1. Le communiqué de presse de la National Institute of Allergy and Infectious Diseases datant du mercredi 13 décembre 2006.
2. Un compte rendu de l’étude coordonnée par Bertrand Auvert en Afrique du Sud.

Référence de la publication:
B Auvert et al. Randomized, controlled intervention trial of male circumcision for reduction of HIV infection risk: The ANRS 1265 trial. PLoS Medicine. DOI: 10.1371/journal.pmed.0020298 (2005).
3. Trois études [PMID 7558138, PMID 12213715, PMID 16613341] ont montré que le prépuce était riche en cellules de Langerhans et autres cibles du VIH qui seraient des portes d’entrée du virus.

2 Commentaires

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