methadone

La méthadone réduit le risque de transmission du VIH

La méthadone réduit le risque de transmission du VIH chez les utilisateurs de drogues par injection, selon une étude internationale publiée dans le journal médical British Medical Journal1.

« Il est bien démontré que les traitements de substitution aux opiacés sont efficaces pour réduire la morbidité, la mortalité, et certains comportements à risque chez les utilisateurs de drogues par injection. Cependant, il n’existait à ce jour aucune estimation de l’effet des traitements de substitution aux opiacés sur la transmission du VIH. Grâce à cette nouvelle étude, il y a maintenant des preuves solides démontrant l’association entre ces traitements et la réduction du risque de transmission du VIH »,

a indiqué le Dr Bruneau2, une des six chercheurs à avoir travaillé avec Matthew Hickman, chercheur principal de l’étude et professeur d’épidémiologie et de santé publique à l’Université de Bristol (Royaume-Uni).

Les résultats sont d’autant plus importants qu’une augmentation de l’incidence des infections au VIH chez les utilisateurs de drogues par injection a été signalée dans plusieurs pays au cours des dernières années, alors que le traitements de substitution aux opiacés y reste illégal ou sévèrement restreint »,

ajoute le Dr Bruneau.

L’usage de drogues par injection est un facteur de risque majeur de la transmission du VIH. Mondialement, on estime qu’environ 5 à 10 % des infections par le VIH sont dus à l’usage de drogues par injection. La méthadone et la buprénorphine sont les principaux médicaments prescrits contre la dépendance aux opiacés, principalement pour des traitements de substitution aux opiacés.

Les résultats de cette étude sont le fruit d’une collaboration internationale. Des auteurs provenant des États Unis, du Canada, d’Italie et d’Australie ont procédé à une revue critique et à une analyse des données regroupées (une méta-analyse) de plusieurs études publiées et non publiées provenant de plusieurs pays (incluant les États-Unis, le Canada, le Royaume-Uni, les Pays-Bas, l’Autriche, l’Italie, la Thaïlande, Porto Rico et la Chine) pour examiner l’association entre les traitements de substitution aux opiacés et la transmission du VIH auprès des utilisateurs de drogues par injection. Les neuf études sélectionnées portaient principalement sur des hommes âgés de 26 à 39 ans, et totalisaient 819 nouveaux cas d’infection au VIH observés pendant 23 608 années-personnes de suivi.

Après avoir analysé ces études, les auteurs ont constaté que les traitements de substitution aux opiacés étaient associés à une réduction de 54% du risque d’infection au VIH parmi les utilisateurs de drogues par injection. Les études n’étaient toutefois pas homogènes et comprenaient des taux de base différents d’infection au VIH rendant impossible le calcul d’une « réduction du risque absolu » applicable à tous. Également, certaines études n’avaient pas tenu compte d’autres facteurs liés à l’intervention qui auraient pu influer sur l’association entre le traitements de substitution aux opiacés et l’infection au VIH. Malgré ces limites, l’influence des traitements de substitution aux opiacés sur la transmission du VIH s’est avérée positive et robuste dans les différentes analyses de l’étude. Par ailleurs, les analyses suggèrent qu’une durée plus longue d’exposition aux traitements de substitution aux opiacés pourrait avoir un effet bénéfique additionnel, quoique modeste.

Les résultats de cette étude encouragent la promotion des traitements de substitution aux opiacés.

« Ces thérapies peuvent réduire la transmission du VIH auprès des utilisateurs de drogues par injection, dans les pays où il existe une forte prévalence de cette maladie, mais également au Québec où on note une augmentation de la consommation illicite des opiacés par voie intraveineuse, notamment chez les plus jeunes, et où l’accès au traitements de substitution aux opiacés est encore problématique,»

conclut le Dr Bruneau3.

Notes et références

  1. Opiate substitution treatment and HIV transmission in people who inject drugs: systematic review and meta-analysis. Georgie J MacArthur, Silvia Minozzi, Natasha Martin, Peter Vickerman, Sherry Deren, Julie Bruneau, professor6, Louisa Degenhardt, Matthew Hickman. BMJ.
    doi: http://dx.doi.org/10.1136/bmj.e5945 []
  2. Julie Bruneau est chercheuse au Centre de recherche du Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CRCHUM) et professeure au Département de médecine familiale de l’Université de Montréal. []
  3. Source : EurekAlert []

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