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La thérapie génique peut protéger contre le VIH

La thérapie génique a permis de protéger des souris contre le virus du sida (VIH). Une seule injection, dans le muscle de la patte des animaux, d’un gène codant pour des anticorps neutralisant le virus a permis à l’animal d’être vacciné contre le virus. L’approche pourrait être transposée chez l’humain. Les travaux ont été publiés dans la revue scientifique britannique Nature1.

La technique repose sur l’utilisation d’un vecteur, en l’occurrence un virus rendu inoffensif (ici un virus associé à l’adénovirus ou AAV), qui transporte les gènes chargés de programmer la fabrication, directement dans le muscle, des anticorps protecteurs, qui ensuite diffusent dans l’organisme.

Les chercheurs ont testé 5 différents anticorps, isolés à partir du sang de personnes infectées par le VIH. Deux types d’anticorps (b12 et VRC01) ont permis d’obtenir une protection totale même quand les souris recevaient des doses de VIH 100 fois supérieures à une infection naturelle. Après 52 semaines, les niveaux d’anticorps demeuraient élevés, suggérant qu’une seule dose amenait une protection à long terme.

Le procédé est similaire à celui d’un vaccin mais le système immunitaire n’intervient pas. Un vaccin classique comprend un antigène, une bactérie tuée ou un élément reconnaissable d’un virus, et après injection dans l’organisme, le système immunitaire apprend à fabriquer des anticorps pour le combattre. Mais cette approche classique s’est révélée inefficace contre le virus du sida.

L’équipe projette de tester cette méthode dans des essais cliniques limités, d’abord pour vérifier s’il est possible d’obtenir une production suffisante d’anticorps au niveau du muscle humain.

Des experts mettent toutefois en garde contre les problèmes potentiels liés à la thérapie génique. Parce que l’ADN d’anticorps est inséré en permanence dans le génome, il n’y a aucun moyen de le désactiver si une personne développe une réaction immunitaire contre les anticorps. Le seul moyen de le savoir sera d’expérimenter chez l’homme.

Malgré ces risques, certains scientifiques considèrent que l’approche mérite d’être développée tant que les tentatives de mise au point d’un vaccin ne connaîtront pas plus de succès.

Notes et références

  1. Antibody-based protection against HIV infection by vectored immunoprophylaxis. Alejandro B. Balazs, Joyce Chen, Christin M. Hong, Dinesh S. Rao, Lili Yang & David Baltimore. Nature. []

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