Des cochons modifiés génétiquement pour les transplantations humaines

embryons-clonesDes scientifiques coréens ont créé un cochon génétiquement modifié dont les organes pourraient être transplantés sur des patients humains. Le porcelet, nommé Xeno, est né en avril 2009 au National Institution of Animal Science à Suwon, dans la province de Gyeonggi (Korée du Sud). Le porcelet appartient à une espèce de « mini-cochon » qui ne pèse que 80 kg.

Les scientifiques du monde entier travaillent sur l’utilisation d’organes d’origine animale pour répondre à la pénurie d’organes pour les transplantations humaines, l’un des grands problèmes de la médecine. De nombreuses équipes de chercheurs tentent ainsi de produire en masse ces cochons hybrides capables de produire des parties d’organes « humanisés » (cellules de Langerhans du pancréas, valves cardiaques, coeurs, etc.). Mais il reste à prouver que ces organes puissent être transplantés sur des patients humains sans aucun risque.

Le cochon est potentiellement un bon candidat pour servir de donneur d’organes mais la principale difficulté pour greffer des organes sur des patients humains vient d’une molécule de sucre à la surface des cellules qui provoque une réaction de rejet par le système immunitaire de l’homme. La molécule appelée « alpha 1,3 galactose » ou « alpha gal » présente sur l’ensemble des cellules animales non primates est reconnue par le système immunitaire humain et cela en dépit de traitements immunodépresseurs visant à empêcher le rejet de greffon. L’organe animal transplanté ne survit généralement que quelques heures. Les chercheurs coréens ont produit un porcelet « GAL-knockout », qui ne produit pas l’alpha gal et serait donc « invisible » pour le système immunitaire. La technique n’est pas nouvelle puisqu’elle a déjà été utilisée par le passé par des chercheurs de l’université de Harvard (Etats-Unis). Les chercheurs coréens pensent avoir améliorer la technique.

Les chercheurs coréens ont procédé de la manière suivante, ils ont tout d’abord retiré un des deux gènes codant pour l’alpha gal (le a1, 3-Galactosyltransferase) d’une cellule somatique d’un mini-cochon et ont ensuite inséré la cellule dans un ovule dont le noyau a été retiré pour créer un clone. Cette étape a nécessité de nombreux essais, parmi la centaine d’essais réalisés, quatre embryons ont pu être clonés avec succès et un seul mâle nommé Xeno a survecu.

Le porcelet produit pourrait être utilisé pour créer une nouvelle race de cochons génétiquement modifiés dépourvus d’alpha gal, ce qui augmentera les chances de produire des organes immuno compatibles dit « humanisés », indiquent les scientifiques.

Les chercheurs espèrent débuter des essais cliniques chez l’homme à l’horizon 2012 avant de pouvoir utiliser commercialement ces mini-cochons génétiquement modifiés vers 2017.

Sources : BE Corée numéro 47, AFP et KoreaTimes

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