L’intolérance au gluten expliquée

Des chercheurs expliquent, dans la revue Science Translational Medicine1, l’origine moléculaire de la réaction immunitaire provoquant la maladie coeliaque et une intolérance à la protéine de gluten. Des résultats qui offrent de nouvelles perspectives pour le diagnostic, la prévention et le traiter cette maladie.

bleLe gluten se trouve dans le pain, les céréales, les pâtes, les gâteaux, la bière et bien d’autres aliments qui contiennent du blé, de l’orge ou du seigle. Les chercheurs espèrent que leurs travaux pourront aider à mieux diagnostiquer, prévenir et traiter la maladie coeliaque, notamment chez les personnes génétiquement prédisposées. La consommation d’aliments contenant du gluten provoque chez les personnes malades une réaction immunitaire qui endommage les villosités intestinales, ces extensions cellulaires tapissant le petit intestin qui captent les vitamines, les sels minéraux et d’autres nutriments contenus dans la nourriture. Avec le temps, la mauvaise absorption de ces nutriments finit par entraîner une déficience en vitamines qui affecte le cerveau, le système nerveux, les os, le fois et d’autres organes. Le seul moyen de traiter la maladie a été jusqu’à présent de se passer à vie de tout aliment contenant du gluten. Ce régime ne suffit pas toujours à préserver l’intestin grêle car de très faibles contaminations par le gluten demeurent. Environ la moitié des adultes malades souffre de l’intestin cinq ans après avoir adopté un régime sans gluten.

Le gluten a été identifié comme étant la cause environnementale de la maladie coeliaque il y a soixante ans et depuis les recherches ont porté sur les peptides, ces petits fragments de protéine, capables de déclencher une réaction immunitaire chez ces malades.

Des lymphocytes T très spécifiques

Les chercheurs disposent à présent d’un profil de la réponse immunitaire de plus de 200 patients volontaires, soit dix fois plus que dans les études précédentes. Les chercheurs ont mis au point un algorithme simple pour cribler des centaines de peptides chez des patients volontaires qui avaient mangé du blé, de l’orge ou du seigle pendant trois jours pour activer leur réponse immunitaire au gluten.

Cet algorithme a permis de découvrir qu’un peptide jusqu’alors négligé était responsable de la toxicité commune à ces trois céréales. Ils ont aussi trouvé que des cellules du système immunitaire, des lymphocytes T, spécifiques de seulement trois peptides du gluten étaient responsables de la plupart des réactions immunitaires au gluten.

Ces résultats renforcent l’hypothèse ancienne mais non démontrée que la maladie coeliaque est causée par des lymphocytes T pathogènes capables de reconnaitre seulement quelques peptides2.

Notes et références

  1. Comprehensive, Quantitative Mapping of T Cell Epitopes in Gluten in Celiac Disease. Jason A. Tye-Din, Jessica A. Stewart, James A. Dromey, Tim Beissbarth, David A. van Heel, Arthur Tatham, Kate Henderson, Stuart I. Mannering, Carmen Gianfrani, Derek P. Jewell, Adrian V. S. Hill, James McCluskey, Jamie Rossjohn & Robert P. Anderson. Science Translational Medicine. []
  2. Source : EurekAlert. []

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