La transplantation d’organe : réussir à maîtriser le système immunitaire

transplantation-organeDes chercheurs ont identifié une nouvelle substance qui aide l’organisme à garder un système immunitaire sain après une transplantation d’organes.

Plus de 500 000 personnes vivent actuellement avec une greffe dans le monde. Cette pratique médicale courante n’est pourtant pas anodine. Il faut en effet veiller à une certaine compatibilité immunologique entre le receveur et l’organe transplanté afin d’éviter le phénomène de rejet. Ce phénomène est naturel puisque confronté à un corps étranger, l’organisme humain a comme première réaction de le combattre afin de l’éliminer.

Traitements immunosuppresseurs

Le rejet est maitrisé en bloquant partiellement le fonctionnement du système de défense immunitaire grâce à des médicaments dits immunosuppresseurs. Les patients transplantés doivent donc prendre tout le reste de leur vie ces puissants médicaments qui ont l’inconvénient majeur de ne pas être spécifiques. Ils agissent contre le rejet mais ils affaiblissent également le système immunitaire contre d’autres types d’agression.
Les traitements immunosuppresseurs, bien qu’ils soient de plus en plus efficaces et maîtrisés, ont toujours de nombreux effets indésirables d’où l’importance de poursuivre les recherches dans ce domaine.
C’est justement dans cette direction que vont les derniers résultats présentés par une équipe de chercheurs franco-américaine. Ils ont, en effet, trouvé une nouvelle substance qui aide l’organisme à garder un système immunitaire sain après une transplantation d’organes.

Maintenir un système immunitaire normal

Des cellules immunitaires appelées lymphocytes T sont responsables du rejet ou de l’acceptation greffon. Deux voies de signalisation contrôlent cette décision capitale, l’une dite activatrice qui se fait par l’intermédiaire d’un marqueur appelé CD28 et une autre dite inhibitrice.
En bloquant seulement la première, les chercheurs ont réussi à préserver la seconde et ainsi à faire basculer le système immunitaire du côté de l’acceptation de l’organe greffé.

Dans leur étude, les chercheurs ont transplanté des reins ou des coeurs à des singes. Chaque primate recevait des doses standards d’immunosuppresseur classique avec ou sans un produit bloquant la voie CD28. Les chercheurs montrent que trois mois plus tard l’ajout de ce produit évite le rejet tant aigu que chronique chez les animaux. En ayant un effet stimulant sur les immunosuppresseurs, ce produit a permis d’en utiliser des doses moins fortes, et donc moins toxiques, tout en maintenant un système immunitaire normal.

Référence

Article : Inducing CTLA-4-Dependent Immune Regulation by Selective CD28 Blockade Promotes Regulatory T Cells in Organ Transplantation
Auteurs : Nicolas Poirier, Agnes M. Azimzadeh, Tianshu Zhang, Nahzli Dilek, Caroline Mary, Bao Nguyen, Xavier Tillou, Guosheng Wu, Karine Reneaudin, Jeremy Hervouet, Bernard Martinet, Flora Coulon, Emma Allain-Launay, Georges Karam, Jean-Paul Soulillou, Richard N. Pierson, Gilles Blancho, & Bernard Vanhove
Journal : Science Translational Medicine
DOI: 10.1126/scitranslmed.3000116

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