Fukushima

Protéger efficacement contre les effets d’une irradiation

La mise au point d’un traitement efficace contre les effets désastreux provoqués par une exposition aux rayonnements ionisants reste difficile. Des chercheurs ont montré chez la souris que renforcer la teneur de l’organisme avec une protéine particulière, en association avec un antibiotique, pourrait être un moyen efficace de traiter l’exposition à des doses létales d’irradiation.

Même donné 24 h après exposition, ce double traitement améliore la survie de souris et le taux de leurs cellules sanguines. Cette découverte ouvre la voie au développement d’un nouveau médicament destiné aux victimes de désastres comme ceux de Tchernobyl ou de Fukushima, ou qui seraient dues à des actes terroristes.

Toutes les formes d’irradiation, même les rayons X utilisés pour effectuer les radios, tuent les cellules en division et peuvent provoquer à haute dose des dommages irréversibles comme un arrêt cardiaque ou des lésions pulmonaires ou nerveuses. Une irradiation prolongée peut être mortelle.

En étudiant des patients irradiés en routine avant de recevoir une greffe de moelle osseuse, les chercheurs ont observé un lien entre l’exposition aux rayons et la baisse de concentration en BPI (pour Bactericidal/permeability increasing protein), une protéine protectrice naturellement présente dans les leucocytes sanguins (globules blancs).

La BPI agit en se liant aux endotoxines, neutralisant ainsi ces molécules toxiques présentes dans la membrane externe de bactéries comme E. coli ou les salmonelles. Partant de l’idée que le fait d’augmenter la concentration de cette protéine pouvait aider les personnes exposées à des rayonnements énergétiques, les chercheurs ont fabriqué une variante recombinante de la BPI. Ils ont trouvé que leur protéine, combinée à un antibiotique, bloquait les effets délétères des rayons. Cette combinaison faisait passer le taux de survie des souris à plus de 70 % alors que les animaux non traités décédaient presque tous après 20 jours.

Cette double thérapie est particulièrement séduisante car la BPI recombinante et l’antibiotique sont bien tolérés chez l’homme et induisent peu d’effets secondaires. L’autre atout de la méthode est qu’elle est efficace, du moins chez la souris, 24 heures après l’irradiation.

L’article est publié dans la revue Science Translational Medicine12.

Notes et références

  1. Bactericidal/Permeability-Increasing Protein (rBPI21) and Fluoroquinolone Mitigate Radiation-Induced Bone Marrow Aplasia and Death. Eva C. Guinan, Christine M. Barbon, Leslie A. Kalish, Kalindi Parmar, Jeff Kutok, Christy J. Mancuso, Liat Stoler-Barak, Eugénie E. Suter, Janice D. Russell, Christine D. Palmer, Leighanne C. Gallington, Annie Voskertchian, Jo-Anne Vergilio, Geoffrey Cole, Kaya Zhu, Alan D’Andrea, Robert Soiffer, Jerrold P. Weiss & Ofer Levy. Science Translational Medicine. []
  2. Via Eurekalert []

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