Le CD entre dans la cinquième dimension

cd-cinq-dimensionsImaginez un simple disque compact pouvant contenir 300 films ou encore 250 000 chansons MP3. C’est la prouesse qu’aurait réussie une équipe australienne de chercheurs qui est donc parvenue à stocker 1600 Go sur le matériau utilisé pour les CD et les DVD. Leurs résultats sont publiés dans la revue scientifique Nature (référence ci-dessous).

En plus de la répartition des données sur la surface du disque et dans son épaisseur, le procédé apporte donc deux dimensions supplémentaires.

L’équipe, qui travaille sur ce sujet depuis plusieurs années, a préparé une collection de nanoparticules de tailles et de formes variées. Ces minuscules structures répondent ainsi différemment à la longueur d’onde et à la polarisation. Avec trois longueurs d’onde (700, 840 et 980 nanomètres), les chercheurs ont montré qu’il est possible d’affecter trois populations distinctes de nanoparticules situées dans la même région. Là où le procédé classique du CD et du DVD n’enregistre qu’un seul bit, il est donc possible d’en enregistrer trois. A la lecture, le choix d’une longueur d’onde permet de récupérer sélectivement l’information de l’une des trois populations.

Gu et ses collègues ont fait également varier la polarisation de la lumière et mis en évidence qu’elle aussi affecte différemment les nanoparticules d’or selon leur taille et leur forme.

« Par exemple, explique James Chon, nous avons pu enregistrer avec un angle de polarisation nul. Et juste au-dessus, nous avons pu enregistrer une nouvelle couche d’informations avec un degré de polarisation de 90 degrés, sans qu’elles interfèrent l’une avec l’autre ».

En clair, il est possible d’enregistrer des couches de données multiples, comme sur un DVD ou un Blu-Ray multicouches, mais elles sont ici extrêmement fines.

Pour parvenir à concentrer l’énergie des photons sur un domaine très petit, l’équipe fait appel au phénomène des plasmons de surface, un phénomène de ré-émission de photons par les électrons excités par le laser, apparaissant à l’interface entre deux milieux de constantes diélectriques différentes.

En utilisant le principe classique d’un disque optique, qui enregistre les données sur une surface (en dessinant une spirale) et en profondeur (en multipliant les couches), ces deux nouveaux paramètres (la couleur et la polarisation) constituent en quelque sorte deux dimensions supplémentaires. D’où l’expression « d’enregistrement à cinq dimensions » utilisée par les auteurs.

Selon eux, le procédé ferait grimper la capacité à 1,6 To (téra-octet), c’est-à-dire 1.600 Go.

La concurrence est rude dans le secteur. Pioneer a déjà montré un Blu-Ray à 400 Go. General Electric a présenté un procédé holographique qui autoriserait 500 Go. Inphase Technology nous promet toujours son Tapestry de 300 Go qui pourrait un jour atteindre 1,6 To (curieuse coïncidence des chiffres). Enfin, une société israélienne, Mempile, prétend monter à 1 To avec un disque un peu plus épais qu’un DVD et espère 5 To.

Article tiré de Futura Sciences.


Référence :
Article :
Five-dimensional optical recording mediated by surface plasmons in gold nanorods
Auteurs : Peter Zijlstra, James W. M. Chon & Min Gu
Journal de publication : Nature
DOI : 10.1038/nature08053

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