Les fourmis pour étudier le comportement et le vieillissement

En comparant le génome de deux espèces de fourmis, les scientifiques ont pu mieux comprendre comment le sort de reine ou d’ouvrière était déterminé. Ces résultats détaillés dans la revue Science1, pourraient permettre d’établir un nouveau modèle pour étudier le comportement et le vieillissement chez l’homme.

Camponotus floridanus

Les fourmis des différentes castes peuvent avoir la même séquence génétique mais devenir des individus radicalement différents en raison de changements « épigénétiques » capables d’influencer l’expression de leurs gènes. Les changements épigénétiques sont l’ensemble des modifications transmissibles d’une génération à l’autre et réversibles de l’expression des gènes sans altération des séquences nucléotidiques.

Chez les colonies de Camponotus floridanus, seule la reine pond des oeufs fertilisés aussi quand elle meurt la colonie disparaît avec elle. Les autres fourmis de cette espèce ne sont pas des ouvrières de rang plus ou moins élevé qui présentent des différences physiologiques et comportementales. En revanche, chez les colonies d’Harpegnathos saltator, les différences physiques entre la reine et les ouvrières sont moins prononcées et quand la reine meurt une ouvrière peut prendre sa place.

Les chercheurs ont maintenant séquencé le génome de ces deux espèces. Ils ont alors pu comparer l’expression de leurs gènes et identifier des différences probablement liées à des modifications épigénétiques telles que la signalisation par l’ARN et la méthylation. Les auteurs précisent qu’en plus de fournir des indices sur les différences moléculaires entre castes chez ces deux espèces, leur travail pourrait permettre d’établir un nouveau modèle expérimental pour étudier l’épigénétique du vieillissement et du comportement. En effet, les reines peuvent vivre jusqu’à dix fois plus longtemps que les ouvrières femelles et jusqu’à 500 fois plus longtemps que les ouvriers mâles.

Notes et références

  1. Genomic Comparison of the Ants Camponotus floridanus and Harpegnathos saltator. Roberto Bonasio, Guojie Zhang, Chaoyang Ye, Navdeep S. Mutti, Xiaodong Fang, Nan Qin, Greg Donahue, Pengcheng Yang, Qiye Li, Cai Li, Pei Zhang, Zhiyong Huang, Shelley L. Berger, Danny Reinberg, Jun Wang & Jürgen Liebig. Science. []

Un Commentaire

  1. En plus les Harpegnathos se combatent une fois que la reine est morte pour rester en tête du lot des ouvrières reproductrices, c’est super impressionnant ! https://www.youtube.com/watch?v=UfSUh0jqyBI

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