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Un pas de plus vers la création d’une vie artificielle

Une étape de plus vers un génome synthétique

bacteries-colorationDes scientifiques ont pu transférer le génome d’un type de bactérie dans la levure, le modifier, puis réussi à le transplanter dans un second type de bactérie. Cette recherche a permis de surmonter l’un des obstacles pour créer de nouveaux micro-organismes qui pourraient un jour servir à produire des biocarburants, nettoyer des sites toxiques, retenir le carbone ou à d’autres applications. Ces travaux font l’objet d’une publication dans le dernier numéro de Science1.

Carole Lartigue et ses collègues avaient déjà trouvé le moyen de transplanter le génome d’une bactérie, Mycoplasma mycoïdes, dans une autre, Mycoplasma capricolum. Ils se sont aussi rendus compte que le fait de transplanter le génome de M. mycoïdes dans la levure donnait le moyen de modifier son génome d’une autre manière.

Comment faire pour que la bactérie hôte accepte l’ADN étranger ?

Pour transplanter le génome modifié dans une nouvelle bactérie, les chercheurs étaient cependant confrontés à un problème comparable à celui des chirurgiens effectuant une greffe d’organe : comment faire pour que le receveur accepte l’élément étranger ?
De nombreuses bactéries utilisent des systèmes de restriction par des enzymes pour se protéger contre de l’ADN étranger. Elles sont dotées d’enzymes dites de « restriction » capables de reconnaître de courtes séquences d’ADN et de les couper.

Pour protéger leur propre ADN, ces bactéries fixent à des positions précises sur leur génome des composés chimiques appelés des groupements méthyle. Les levures, en revanche, ne méthylent pas leur génome de cette manière.

Après avoir transplanté le génome de M. mycoïdes dans la levure et y avoir éliminé un gène non essentiel, ce qui n’aurait pu être fait dans la bactérie elle-même, Lartigue et ses collègues ont pu contourner en deux étapes la restriction faite par la bactérie hôte, M. capricolum. Ils ont d’abord inactivé l’enzyme de restriction de M. capricolum et ajouté des groupements méthyle au génome modifié encore dans la levure. Puis ils ont transféré le génome dans M. capricolum, qui a produit après plusieurs cycles de division une nouvelle souche du microbe donneur, M. mycoïdes2.

Notes et références

  1. Creating Bacterial Strains from Genomes that Have Been Cloned and Engineered in Yeast. Carole Lartigue, Sanjay Vashee, Mikkel A. Algire, Ray-Yuan Chuang, Gwynedd A. Benders, Li Ma, Vladimir N. Noskov, Evgeniya A. Denisova, Daniel G. Gibson, Nacyra Assad-Garcia, Nina Alperovich, David W. Thomas, Chuck Merryman, Clyde A. Hutchison, Hamilton O. Smith, J. Craig Venter, John I. Glass. Science. DOI: 10.1126/science.1173759 []
  2. Source : EurekAlert []

Un Commentaire

  1. Décidemment, à côté, les expériences de Stanley Miller de création aléatoire d’acides aminés dans le supposé milieu pré biotique apparaissent bien dérisoires. De quoi notre génie génétique sera-t-il capable dans 20ans, 50 ans, 100ans etc. Ces expériences renforcent la thèse du « Design Intelligent », comme origine de la vie sur terre, mais pas par un Dieu immatériel mais pas des hommes que l’on aurait pris pour des dieux.

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