Une météorite géante est bien à l’origine de la disparition des dinosaures

Une équipe 41 chercheurs en géosciences vient de conclure qu’un astéroïde géant est la cause de la disparition des dinosaures et beaucoup d’autres espèces il y a 65 millions d’années. L’article de synthèse signé par les 41 scientifiques est publié dans la revue Science1.

Impact-Chicxulub

La découverte au début des années 1990 du cratère de Chicxulub (dans le Yucatan, au Mexique), qui a justement été daté d’environ 65 millions d’années et d’un diamètre d’environ 180 kilomètres, permettait vraisemblablement de penser que la grande extinction de la limite Crétacé-Tertiaire était du à l’impact l’ayant causé. En outre, la découverte, partout sur la planète, de quartz choqués et de traces importantes d’iridium dans une couche sédimentaire à la limite Crétacé-Tertiaire (la fameuse limite CT ou KT) confortait cette hypothèse. De plus, la taille du quartz diminue au fur et à mesure que l’on s’éloigne du cratère de Chicxulub.
cratere-Chicxulub-mexique

Les autres hypothèses sont rejetées

L’autre hypothèse pour expliquer l’extinction des dinosaures évoque l’intense activité volcanique du plateau du Deccan, en Inde. A cette même époque, en effet, de gigantesques épanchements basaltiques ont périodiquement sur environ un million d’années recouvert de vastes étendues. De quoi en faire d’efficaces tueurs de dinosaures car libérant des gaz susceptibles de modifier lentement mais surement le climat. Cette hypothèse est écartée car selon les chercheurs la disparition des espèces, notamment dans l’océan, a eu lieu trop rapidement pour être expliquée par les gaz émis lors des épanchements basaltiques. Il est en outre avéré que le volcanisme du Deccan était déjà actif durant des centaines de milliers d’années sans que la biosphère n’ait été affectée de façon significative.

Les chercheurs réfutent aussi les arguments de Gerta Keller et ses collègues2, qui prétendaient avoir établi que la crise KT s’était en fait produite 300 000 ans après la formation du cratère de Chicxulub. S’il est toujours possible de soutenir un décalage, les preuves de celui-ci ne sont pas déterminantes, alors que les arguments reliant l’impact à la crise KT sont nombreux et convaincants.

En conclusion, l’astéroïde qui aurait frappé le Yucatan mesurait 10 à 15 km de diamètre et voyageait à la vitesse de 20 kilomètres par seconde. Au moment de l’impact il aurait immédiatement creusé un cratère de 100 km de large et de 25 à 30 km de profondeur.
Le choc aurait été d’une telle violence que de très forts tremblements de terre, tsunamis et glissements de terrain s’en seraient suivis. A cela s’est ajouté la projection de matériaux dans la haute atmosphère, provoquant un assombrissement du ciel, et la libération de substances toxiques. Riche en souffre, l’astéroïde aurait aussi provoqué des pluies acides. Les conséquences de l’impact furent donc bien planétaires.
De plus, la libération d’une grande quantité de poussières, de débris et de gaz a pu conduire à un refroidissement prolongé à la surface de la Terre ainsi qu’à une baisse de la lumière solaire et à une acidification des océans qui ont alors pu décimer les végétaux photosynthétiques et les espèces qui en dépendaient3.

Notes et références

  1. The Chicxulub Asteroid Impact and Mass Extinction at the Cretaceous-Paleogene Boundary. Peter Schulte, Laia Alegret, Ignacio Arenillas, José A. Arz, Penny J. Barton, Paul R. Bown, Timothy J. Bralower, Gail L. Christeson, Philippe Claeys, Charles S. Cockell, Gareth S. Collins, Alexander Deutsch, Tamara J. Goldin, Kazuhisa Goto, José M. Grajales-Nishimura, Richard A. F. Grieve, Sean P. S. Gulick, Kirk R. Johnson, Wolfgang Kiessling, Christian Koeberl, David A. Kring, Kenneth G. MacLeod, Takafumi Matsui, Jay Melosh, Alessandro Montanari, Joanna V. Morgan, Clive R. Neal, Douglas J. Nichols, Richard D. Norris, Elisabetta Pierazzo, Greg Ravizza, Mario Rebolledo-Vieyra, Wolf Uwe Reimold, Eric Robin, Tobias Salge, Robert P. Speijer, Arthur R. Sweet, Jaime Urrutia-Fucugauchi, Vivi Vajda, Michael T. Whalen & Pi S. Willumsen. Science. DOI: 10.1126/science.1177265 []
  2. New evidence concerning the age and biotic effects of the Chicxulub impact in NE Mexico. Gerta Keller, Thierry Adatte, Alfonso Pardo Juez & Jose G. Lopez-Oliva. Journal of the Geological Society. DOI: 10.1144/0016-76492008-116 []
  3. Sources : www.futura-sciences.com et tempsreel.nouvelobs.com. Crédit illustration : NASA []

2 Commentaires

  1. Oui , j’ai justement regardé une émission le 5 Mars sur ce fameux astéroide , c’est à nous refroidir.
    Dire que c’est ce qui a causé la fin des dinosaures peut être , mais celà reste du domaine des
    suppositions. Et probablement dans quelques années, nous découvrirons d’autres raisons.
    Ce que je ne m’explique pas, c’est le refroidissement de la terre. Comment est ce qu’après un choc aussi
    gigantesque qui doit a donné lieu à des incendies partout sur la planète a til permis ce refroidissement.
    D’autre part, nous constatons de nos jours la disparition de certaines espèces , phénomène très courant
    dû probablement aux agissements des humains, mais qu’est ce qui nous certifie que la nature d’elle
    même n’a pas rasé l’espèce des dinosaures par un manque d’osygène, ou une maladie quelconque comme
    la peste ou autres maladies inconnues de l’homme.
    Tout ça pour moi reste des supposistions et je crois que la nature nous reserve d’autres suprises.

  2. Si j’ai bien compris….
    Le refroidissement est dû à la projection de matière dans le ciel. Ces matières ont empêché les rayons du soleil d’atteindre le sol, d’où un net coup de frein à l’effet de serre.

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